...A Jean Ferrat

Publié le par Cypora Herzhorn

FERRAT.jpgUn ami est parti… Là-haut sur « la montagne »,

A son dernier soupir, un aigle s’est posé

En murmurant, ému : un poète s’éloigne,

Le voici endormi sous la terre allongé.

 

Par sa bouche soufflait la désobéissance :

Marins, souvenez-vous, sur l’océan glacé,

Quand abjurant enfin tous serments d’allégeance,

Retournant vos fusils, vous avez déserté !

 

De « sa France » d’en bas, il chantait les louanges,

Dénonçant le malheur « des enfants dans les mines »

Et ceux qu’on a trouvés pourrissant dans la fange

De la folie nazie… Mozarts qu’on assassine !

 

S’il a « aimé » naguère « à perdre la raison »,

Son présent, aujourd’hui, n’est plus aux épousailles,

Ni aux amours semées de tendres pâmoisons,

Car le marbre glacé a scellé son sérail.


Il disait que « la femme est l’avenir de l’homme »

Et « qu’on n’est pas toujours du côté du plus fort »

Et, s’il ne priait pas -sans dieu, ni maître en somme-

Ne le condamnez pas, qu’il ait raison ou tort.


« La matinée se lève » en cherchant à tâtons

Cet homme qui rêvait de refaire le monde.

Tous ses mots que j’aimais jusqu’à la déraison

Il ne les dira plus et ma peine est profonde !


Mon ami est parti et mon cœur se morcelle

Maudite sois-tu Mort, toi qui prends à tout va

Les âmes et les vies, immolées sur l’autel

Des viles vanités dont tu es le légat !


« Que serais-je sans toi » qui fit mon élégie,

Toi, poète discret qui me manques déjà,

Toi qui parlais, sans fin, des splendeurs de la vie

Contemplant l’Univers avec « les yeux d’Elsa » ?


Avec « les yeux d’Elsa »… avec « les yeux d’Elsa »…

 

(c) extrait de  LE MONDE A MA FENETRE

Publié dans POEMES

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