Alzheimer

Publié le par Cypora Herzhorn

ALZHEIMERC'est insidieusement qu'en moi elle resquille
-Je ne sais pas très bien comment elle est venue-
Peut-être comme un fil dans le chas de l'aiguille
Perdue dans l'écheveau de ma vie décousue.

 

Je me suis regardée dans le miroir antique
Mais n'ai pas reconnu, ni la fleur, ni le fruit
Qui décoraient, jadis, mon jardin exotique,
Ni les poussières qui m'ont fait ce que je suis.

 

Un jour, j'ai oublié ma clé sur une table
Puis, j'ai fermé la porte au nez de mon dépit ;
On m'a trouvée errante aux yeux indéchiffrables
Accoudée au ponton absurde de l'oubli.

 

Je boirai jusqu'au fond le poison de l'absence
Et mes amis peinés n'y pourront rien changer,
Puis, je m'enfoncerai dans le gris du silence
En serrant dans mes mains ce poème froissé...

 

C'est insidieusement qu'en moi elle resquille
-Je ne sais pas très bien comment elle est venue-
Peut-être comme un fil dans le chas de l'aiguille
Perdue dans l'écheveau de ma vie décousue.

 

 

(c) extrait de LE MONDE A MA FENETRE

Publié dans POEMES

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Danielle DELILLE-KERAVEN 24/10/2013 13:57

Quel beau et émouvant poème et tout est tellement "vrai".

Cypora Herzhorn 26/10/2013 13:49



Bonjour Danielle,


 


J'ai essayé de me mettre dans la peau d'un malade.


 


Amicalement,


 


Cypora