Canicule

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

Avec un doigt posé sur les lèvres du jour,

Ses cailloux se consument au feu de midi,

Suffoquant est l’été sous les toits, dans les cours,

Et retenant les mots, l’ennui s’y assoupit.

 

La Seine s’étire sous le Pont Mirabeau,

Juste un merle s’émeut du silence des rues,

Si les quais sont déserts, voici qu’au fil de l’eau,

Délaissant sa couvée, un canard s’est perdu.

 

CANICULE 2Les péniches s’en vont leurs maisons sur le dos

Notre-Dame, déçue, les regarde passer,

Se disant, qu’elle aussi, en lui tournant le dos,

Irait bien vers la mer en laissant la Cité.

 

Les pigeons, du donjon qui surplombe la ville,

Ecoutant s’égrener les heures au clocher,

S’enfuient, indifférents aux minutes qui filent,

Au bruit, comme aux badauds sur les bancs désertés.

 

Alors, Paris s’endort sous le poids de l’ennui,

Dans l’espace fiévreux, le bitume s’enflamme,

Derrière les volets, on attend que la pluie

S’en revienne apaiser le brûlant macadam…

 

…Mais, voici que le soir boit la sueur des vitres

-Comme un linge posé sur le front d’un enfant-

Et s’épuise le jour que la nuit, d’une épître,

Vient charmer de ses vers sous la lune d’argent.

 

© extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N°  978-2-9538961-1-4

Publié dans POEMES

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