Dans les rues endormies

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

Dans les rues endormies tout semblait si tranquille

Et, tel un elfe blond courant le long des quais,

Etreignant l’euphorie des éclats de la ville,

Voluptueusement, la Lune se moquait

 

Des passants égarés -parisiens qui s’alarment-

Des amoureux fervent venus un peu plus tôt

Car, dans leurs yeux nourris d’innocence et de larmes,

Brillait comme un reflet d’une vieille photo

 

D’un bal où, revenus au temps des crinolines

Et dans l’étincelant chatoiement des soieries,

Au moment fabuleux où le Prince s’incline

Et la Belle en rêvant se lève et lui sourit.

 

Puis, sensuellement, ils dansent le quadrille,

Profitant de l’instant -étonnant magicien-

Pendant que les enfants s’ébrouent et jouent aux billes

Sous les regards émus, attendris des anciens…

 

Dans les rue endormie…Comme l’amour, parfois, peut être redoutable !

Marchant main dans la main et les cheveux au vent,

Il va, de jour en jour, passant de fable en fable

Mais, pour le retenir, il faut pleurer souvent !

 

Il peut nous apporter le meilleur et le pire

Car, si parfois menteur, on irait n’importe où

Et tant qu’on est vivant et tant que l’on respire,

Jusqu’au dernier soupir, on le cherche partout :

 

De saisons en saisons, ainsi que d’âge en âge,

Sous un soleil grivois ou quand le ciel est gris,

On pourrait s’envoler de nuage en nuage,

Contemplant, de là-haut, les cimes rabougries.

 

Au clin d’œil enjoué du fard d’une paupière,

Et le cœur affolé et la jambe en coton,

Je bondis tel un air et cours de pierre en pierre

Pour retenir le « la » qui m’a donné le ton.

 

Alors, je sens le feu de la fièvre qui monte

Comme la sève bout jusqu’à la floraison,

Comme la neige brille en attendant sa fonte

Et le bouton de rose avant la cueillaison.

 

© extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N°  978-2-9538961-1-4

Publié dans POEMES

Commenter cet article