La honte

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

Y’avait, jadis, un grand chenal

Qui divisait en deux la terre,

La honte, alors, verbe idéal,

L’avait foré, totalitaire.

 

IMG_0289.JPGDe loin, parfois, on distinguait

De l’autre côté du canal,

Des fumées noires qui volaient

Dissimulant la neige sale.

 

Dans le matin, glacés d’effroi,

On entendait des cris terribles

Et, au lointain, toutes ces voix

Avaient quelque chose d’horrible.

 

Les gens ne savaient plus qu’avant

Ils avaient été comme frères,

Ils luttaient pour rester vivants

Et n’étaient plus que des cerbères.

 

Pour un morceau de pain rassis,

Ils auraient tué père et mère,

La faim faisait d’eux des impies,

Qu’ils en oubliaient les prières…

 

…Mais, où était-il cet « Abba »

Celui pour qui, depuis des ères,

Ils s’étaient voués sans combat

Et sans douter, leur vie entière ?

 

© extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N°  978-2-9538961-1-4

Publié dans POEMES

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