Le phare

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

LE PHARELes paupières du ciel déversent sur les flots

Des torrents de sanglots en longs spasmes nacrés,

Les démons de la nuit l’appellent en écho

Pour l’emmener danser dans leurs robes de fées.

 

Impassible et muet, insensible à leurs cris,

Et son ballet feutré où danse la lumière,

Il scrute sans faillir l’Océan, que la pluie

Emprisonne en ses rets tel un vassal austère.

 

Parfois, il sent gémir sous lui l’onde et la houle

En frissons effrénés délicieux mais cruels

Et ses flancs, caressés par des vagues qui roulent,

Frissonnent aux tourments de leurs amours charnels.

 

Et son fanal s’allume et son fanal s’éteint…

Quand les flots se brisent au faîte des rochers,

Tout droit dans la tempête il brave les embruns

Que l’autan s’évertue à désorganiser.

 

Comme une île oubliée, là-bas, au bout de l’onde,

Il attend le retour rubescent du matin

Et s’égare en rêvant son âme vagabonde,

Tandis que l’horizon s’épanouit…enfin !

 

(c) extrait de J'AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N° 978-2-9538961-1-4

Publié dans POEMES

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