Les larmes de Yoshi

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

LES LARMES DE YOSHI 2Vieux chemin de Tokaïdo

-Sentier de cailloux et de dalles-

C’est pas à pas depuis Edo

A Kyoto, ville impériale,

 

 

 

 

Que j’ai marché dessus tes pierres,

Admirant tes allées antiques

Plantées de cèdres centenaires,

Face à l’Océan Pacifique !

J’ai médité dans tes jardins

Décorés au fil des saisons

Et, de septembre jusqu’à juin,

Vu refleurir tant de bourgeons !

 

Vêtue d’un simple kimono,

J’ai fêté « le temps des cerises »

Autour d’un bol de thé bien chaud,

Admirant les « hana », assise.

 

Mon vieux chemin que j’aimais tant,

Où sont tes cailloux et tes pierres

Que j’ai foulés il y a longtemps ?

Aujourd’hui, tout n’est que poussière !

 

J’ai prié dans tes sanctuaires,

En y laissant un peu mon âme,

Mais qu’il est loin le temps d’hier,

Il ne m’en reste que des larmes !

 

Sous mes pas, la terre a tremblé !

Cet Océan qu’on dit « serein »,

En un éclair, a dévasté

Tous mes « avant » et mes « demain » !

 

Maintenant, je n’ai plus de terre,

Hiroshima, Nagasaki

Tremblent à nouveau de colère

Je n’attends plus rien de la vie !

 

Il suffirait d’une étincelle,

D’une allumette en un fétu,

Pour souffler l’or de ma chandelle

Et tout ce qui fut mon vécu !

 

Ô vieux pont de Tokaïdo

-Sentier de cailloux et de dalles-

C’est pas à pas depuis Edo

A Kyoto, ville impériale,

 

Que j’aimerais, dessus tes pierres,

Marcher encore et, au matin,

Sous tes grands cèdres centenaires,

M’assoupissant jusqu’à demain,

 

Me réveiller dans la lumière

De ce soleil qui te baptise

Et, tout en frottant mes paupières,

Voir que tout n’était que sottise !

 

Alors, m’asseyant sans mot dire,

Contempler le panorama

Du manteau neigeux qui s’étire

Tout en haut du Fuji-Yama !

 

(c) extrait de J'AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N° 978-2-9538961-1-4

Publié dans POEMES

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