L'aube
« Sous les toits de Paris »,
Que l’été indispose,
Dans le fond de leurs lits,
Les humains se reposent…
Comme ils ont oublié
La touffeur de la veille,
Les corps nus, fatigués,
Ont cédé au sommeil.
Bientôt, pourtant,
Ils s’éveilleront...
Bientôt, pourtant,
Ils partiront…
Certains iront chercher
L’innocence de l’eau,
D’autres seront tentés
Par l’allant des dentelles ;
Et c’est dans un sanglot,
Que les petits marmots
Seront alors comblés
Par un sein maternel.
Le manteau de la nuit
Ouvre un pan d’infini,
Et la saillie du jour,
Aux amants fait l’amour.
C’est dans ces rues désertées,
Si fraîchement silencieuses,
Qu’un jeune hibou égaré
Y fredonne une berceuse.
Alors les bois dans la brume,
Secouent enfin leur torpeur,
L’eau roucoule et puis la lune
Déguerpit comme un voleur :
L’aube, en tenue de gala,
-Tutu mauve et bas de soie-
Lève le rideau exquis
Du théâtre de la vie !
© extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N° 978-2-9538961-1-4