Mal de mer
Lorsque j’ai pris la mer, mon coeur était en fête
Et le soleil, enfin, de la brume émergeait
Clignant de ses yeux d’or sur les mâts et ma tête,
Sur les dunes ambrées, les bateaux et les quais.
Les parfums de l’été embaumaient le Vieux Port,
Des dauphins, deux par deux, m’escortaient facétieux,
Parés de beaux atours, les fusains de l’aurore
Repeignaient l’horizon à « l’encre de mes yeux »...
...Maintenant, je louvoie sur un vaisseau fantôme
Qui tangue sous mes pieds toutes voiles dehors
Et, sur le pont désert, se mêlent des arômes
De poisson et de bois, de bâbord à tribord.
Sous le vent imprégné de varech et de sel,
D'ivre mouvement s'incline ma galère
Et je sens me gagner l’amertume et le fiel…
…Tel un cri retenu juste avant la colère.
(c) extrait de J'AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N° 978-2-9538961-1-4