Mon arbre

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

IMG 0394Il est resté tout seul ! Le voici face au vent,

Brûlé par les étés, givré par les hivers.

Il se tord et s'éploie de l'automne au printemps

De sillons en sillons fécondés par la terre.

 

Vous l'avez célébré au temps de sa jouvence,

Vous les anciens, les vieux aujourd’hui disparus,

Témoins de son passé admirant la prestance

De son tronc si noueux, de ses rameaux feuillus.

 

En Octobre, quand l’or maquillait son ramage

Et que l’ébouriffaient les nuages pressés,

Il écoutait les mots que les oies de passage

Lui murmuraient alors avant de le quitter.

 

Quand Décembre semait ses frissons acharnés,

Ses rameaux, transpercés par les glaives du vent,

Se tordaient, décharnés, comme des barbelés

Que le givre a figé dans l’étau de ses dents.

 

En Mai, tous ses bourgeons, sous la douce lumière

D’un soleil bienveillant, se déployaient heureux,

En contractant ses nœuds comme autant de paupières

D’où s’écoulait la vie, comme larmes des yeux…

 

…De mes doigts, aujourd'hui, j’en caresse l’écorce

Et j’enlace son tronc qui se fond dans la terre,

Il me donne sa sève en m’insufflant sa force

Et mon âme s'emplit d'une étrange lumière.

  

(c) extrait de J'AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N° 978-2-9538961-1-4

 

   

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