Petite mort
Dans le déclin du jour, quand le soleil s’endort,
La lune, sur les toits, laiteusement s’ennuie,
La mer s’est retirée. Les anneaux du vieux port
Ne tintent plus ce soir, on n’entend aucun bruit.
Et sur les vagues bleues aux glissements soyeux,
Les choses et les sons musèlent la lumière ;
Dans les sentiers déserts, les ombres se resserrent
Et la nuit s’épaissit d’un silence peureux.
Déjà, le Vent du Nord, sous les cieux de Novembre,
S’en va, tambourinant aux portes des maisons,
Le voici qui secoue les rideaux de ma chambre,
Et, dans un tourbillon, soulève mon jupon
Et, malgré le chao des ombres au-dehors
Qui voient mourir le jour, là-bas, à l’horizon,
Tout comme un condamné captif en sa prison,
Mon âme s’engourdit dans la petite mort.
© Extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS – ISBN N° 978-2-9538961-1-4