Printemps
Le printemps est pressé, mais ne tient qu’à un fil :
Dans les sentiers battus qui se métamorphosent,
Bâtissant son ourlet sur les cendres d’Avril,
Son aiguille sertit les épines des roses.
Déjà, tous les bourgeons entrouvrent les paupières
Et le merle narquois fredonne sa chanson,
Dans le lit du ruisseau, un cerf se désaltère,
Do, ré, mi, fa, sol, la, et brame à l’unisson.
Le soleil, peu à peu, de la brume s’évade,
Sur la pointe des pieds, voici venir l’aurore,
Un tesson scintillant, lui portant l’estocade,
L’essaime, effrontément, en mille goûtes d’or.
© Extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS – ISBN N° 978-2-9538961-1-4
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