Top articles
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La lune cette nuit
La lune est, cette nuit, tel un quartier d’orange Et le monde assoupi ne sait pas que demain Tu la décrocheras pour l’offrir à un ange Et la déposeras dans le creux de ses mains ; Et tout en dégrafant lentement sa guêpière, Dans ce monde insolent où tout...
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Printemps à Paris
C omme une étoile luit dans les yeux d’un enfant, Une chanson d’amour dans les hautbois du vent, Tout comme la rivière s’écoule, docile, Voici que le printemps s’en revient dans ma ville. L e silence a gardé prisonnière sa flamme Qui s’était égarée sur...
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Antigone
Avec ta rousse crinière, Naïade téméraire, Tu t’élances, emportée, Insolente, vers ton frère, Gravissant la colline Où son corps est tombé ; Ne te retourne pas, ma divine ! Empêche les vautours de le dévorer ! Par cet acte impie, Défendu par Créon, Antigone...
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Mineurs de fonds
« Au nord, c’était les corons, La terre, c’était le charbon, Le ciel, c’était l’horizon, Les hommes, des mineurs de fond ». Pierre Bachelet Ils creusent des sillons au ventre de la terre Extirpant, des bas-fonds, l’or noir de la misère, En guise d’éclairage...
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J'ai conjugué...
J ’ai conjugué jadis pour lui le verbe « aimer » A doubée au printemps de mon plus bel été… C omment y résister quand la vie vous délaisse, Q ue le cœur est au clou affamé de tendresse ? U n baiser enflammé a scellé notre amour E t un bonheur torride...
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Les portes du temps
Lorsque j’étais enfant, tout semblait si facile, Mon pas était léger, l’avenir semblait loin, Ma seule occupation : jouer aux quatre coins Et de collectionner tant de choses futiles ! Ma vie s’en est allée comme le font les rêves, Des rides sont venues...
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Sur les pavots de juin
S ur les pavots de Juin où mes chagrins se posent Comme un ruban s’enroule à des mèches de soie Et qu’au vent se répand l’odorance des roses Aux dards entrelacés à un « je ne sais quoi » D e désir ou d’amour bafoué et de peur, Dans ce morne sentier que...
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Le festin de Phoebus
La langue du soleil, effleurant mes paupières, Magnifie mes atours de soieries mordorées ; Puis, glissant sur mes joues, affamée dentellière, Dépose un chaud baiser sur mes lèvres salées. Je la sens qui musarde au creux de mon épaule Puis, en bébé gourmand...
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Canicule
Avec un doigt posé sur les lèvres du jour, Ses cailloux se consument au feu de midi, Suffoquant est l’été sous les toits, dans les cours, Et retenant les mots, l’ennui s’y assoupit. La Seine s’étire sous le Pont Mirabeau, Juste un merle s’émeut du silence...
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L'hiver
Dans ce nid de verdure, L’hiver s’est invité, Amenant la froidure, La neige aux doigts gercés. Le ruisseau, que le gel Assoupit en ses rets, Comme une ample marelle Esquissée à la craie, Que les bois, déguisés De foulards en soie blanche, Entrevoient...
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Ô toi, si maternelle !
T oi qui as su calmer tant de déchirements Lorsque, les yeux mi-clos, je n’étais plus à même, Face au ciel étendue, sans bruit, ni mouvement, D’aspirer au repos, ni renaître en moi-même. A u gré de tes marées -ô toi, si maternelle Qui a su consoler tant...
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...A ma muse
Souviens-toi du regard et du premier baiser, Et souviens-toi du jour où l’on s’est rencontré. Pour toi, j’irai voler les vagues de la mer, Mon amour, ma mie, ma très chère. Pour toi, j’irai voler les étoiles filantes, Mon amour, ma mie, mon aimante. Pour...
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Partage
Si « le temps n’est qu’un détour » (*) Et la vie juste un passage, Un po-aime est, tour à tour, Un peu d’or que je partage. Chaque vers que j’ai posé -Même en mots de tous les jours- Chaque fois je l’ai pensé En vivant bonheur du jour. De genets en chrysanthèmes,...
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L'aurore
Et voici que le jour vient toquer à ma porte Le rossignol, gaiment, s’invite en mon jardin, Et, tandis que l’oiseau réveille le matin, Le vent vient murmurer un air qui réconforte. La nuit emporte enfin son sourire lunaire, Toute habillée de soie, voici...
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Mes vieux
Nous étions, tous les trois, rompant le même pain Et nous goûtions le vin, assis à cette table, Nous partagions des mets, à nos yeux, délectables, Plus exaltants « qu’hier et bien moins que demain. » Ils étaient, tous les deux, assis auprès de moi : A...
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Afghanistan
Ils me l’ont pris pour fair’ la guerre Au clair matin d’un bel été Et je l’attends et je l’espère Sur mon lit de jeune accouchée. Il est si beau, il est si tendre, Ses blonds cheveux de chérubin, Ses yeux, sa bouche palissandre, Ses bras si forts, ses...
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Pour aller
Pour aller jusqu’à lui, j’ai suivi des chemins Qui menaient vers le seuil de mes incertitudes : -Un regard, un sourire, un baiser sur la main Ont eu raison de moi et de ma solitude- Il était devant moi et brillait dans ses yeux Comme un « je ne sais quoi...
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J'aimerais
J’aimerais que mes yeux, lorsque tu les regardes, Aient la même lueur que la source si pure, J’aimerais que ma bouche, quand tu t’y attardes, Ait la même douceur que les cerises mûres. J’aimerais que mes seins invitent aux caresses Tes mains accoutumées...
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Ma colombe
Nichant dessus mon toit, elle espère et roucoule, Appelant de ses chants, un amant qui voudrait Lui conter fleurette près du fleuve où s’enroulent Les fragrances d’été embaumant les marais. Tenant dedans son bec un brin d’herbe, s’attarde : S’en viendra-t-il...
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Sur un parfum
S ur un parfum De nuit d’insomnie, J’écris Parfois jusqu’au matin. Le jour me découvre Endormie Sur un cahier qui s’ouvre Au pied du lit. P ourquoi faut-il, Qu’au moment du sommeil, Mon esprit découvre Les roses, les abeilles ? Pourquoi faut-il, Qu’au...
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L'appel de la forêt
Lorsque vous entendrez l’appel de la forêt, Partez vagabonder, à l’aube coutumière, Quand l’horizon se vêt d’un voile de lumière, Que le hibou s’endort et la lune se tait. La nature s’éveille, le jour vient de naître. Dans l’ombre incertaine, par défi...
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Ma prière
Les humains t’ont bâti d’infinies cathédrales, Des temples, des totems, synagogues, mosquées, Pourtant, s’ils ont lancé des fusées sidérales, Même dans les étoiles ne t’ont pas trouvé ! Toi qui coules de l’eau tous les jours vers la source, Qui fais courir...
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Te regarder dormir
L a lune s’est blottie, là-haut, sur un nuage Eclairant ton minois paisible et endormi… …Ton souffle s’est calmé et, tel un enfant sage, Tu dors sereinement au calme de la nuit. J ’aimerais me lover au creux de ton épaule Et m’étendre à mon tour tout...
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A l'aube de mes six ans
A l'aube de mes six ans, J'ai quitté un pays Où les feuilles volent au vent Quand la neige les oublie. Déracinée, inquiète, Je cherche depuis un toit Où ma vie serait chouette Où je n'aurais plus froid. Je ne l'ai point trouvé, Cet endroit merveilleux,...
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Ce vin de poésie
Je vacille souvent de tribord à bâbord Tel un vaisseau dément en proie à la bourrasque, Tandis-que, sous mes pas, le vide s’évapore Imperceptiblement ; la lune, tel un masque, Accroche son rictus à l’arceau jais du ciel En se moquant de moi et de ma maladresse...