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La mélodie des mots
La mélodie des vers s'immisce entre mes pages Quand je pose des mots sur les ailes du temps Et j’embaume au bonheur les sanglots de l’orage Qui vont tambouriner sur mes cahiers d’antan. L'euphonie est si douce et, tout comme un frisson Qui viendrait se...
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L'été
L’été, en mi en fa, Joue de l’harmonica, Et la brise l’écoute En dansant sur les routes. Scintillant sur les flots, Le gai soleil s’attarde, Les oiseaux le regardent Se refléter dans l’eau. A l’ombre des roseaux, Les cigalons entonnent Des airs que le...
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Miroir mon beau miroir
Quand le sel bleu de l’aube pétrifie les étoiles Et la craie du matin dessine un nouveau jour, La lune disparaît en déchirant le voile Que le vent a tissé en offrande d’amour. De l’armoire aux secrets, un parfum de lavande S’échappe, peu à peu, irisant...
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Village Provençal
L a route ensoleillée nous guide pas à pas Bordée de-ci, de-là, de taillis, de lavande, Les roses se pavanent dans les mimosas Le zéphyr épicé fait frissonner la lande. L e village est en bas, et ses blanches maisons Aux toits immaculés dorment sous le...
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Mon bateau livre
Voguant sur l’onde littéraire, J’ai jeté l’encre entre ses pages, Comme un marin dessus la mer Vient accoster sur le rivage. En fuyant le chant des Sirènes Au gré des vagues sibyllines, Tel un Ulysse à l’âme en peine, J’ai bu l’amour entre ses lignes....
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Ce billet
Ce billet parfumé me disait l’aventure Et mon cœur a bondi quand je l’ai ramassé… Mes doigts, fébrilement, déchiraient la couture Comme on ouvre un présent : impatients, empressés, Car la page embaumait la mûre et la lavande, Et tous les mots écrits semblaient...
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...A Claude
Au clocher séculier, dimanche il est midi… Appels, plaintes et cris envahissent ma rue, Murmures indiscrets, timides, s’insinuent Et soudain, je m’écris « Mais Claude s’est enfui ! » J’ai tiré les rideaux, j’ai ouvert les volets, A travers les nuées,...
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Nuit sur le port
E t le soir qui descend enveloppe la terre Qui se laisse pousser tel un petit berceau, Où l’enfant endormi abaisse ses paupières En rêvant aux splendeurs des matins boréaux. L es lumières du quai se perdent dans la brume Où le vent a serti la mer en son...
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Biographie
Je suis née à l’hiver mil neuf cent cinquant'sept, Et la langue du froid m’y a ensorcelée, Car la neige tombait attisant la tempête... ...Dans des langes givrés, ma mère m’a vêlée. C’était en février, qu’au berceau de ma vie, La bise s’invita, mi-démon...
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A petits pas
A petits pas, je suis venue Dans ce jardin où tu reposes Pour t’apporter ses jolies roses Que mes baisers ont revêtues. Lorsque le printemps facétieux Va se cacher pour mieux renaître, Dans un silence religieux, Je viens m’asseoir sous ta fenêtre. Et...
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Dans les mots...
Dans les mots que je dis, Sont les pleurs que je verse, Dans les mots que j’écris, Le silence me perce ; Il brise mon miroir, Délivrant ma mémoire. Dans mon cœur déchiré, Coquelicot impur, Dans mon cœur délaissé, J’entends comme un murmure : Les voix...
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La créature
Il marchait, sous la lune, d’un pas mécanique, Comme un prince déchu échappé du passé, Dans sa tête, jouait un hymne pathétique : Do, ré, mi, fa, sol, la, qu’il se mit à chanter. Dans ses yeux, scintillait une flamme troublante, Une larme, un sanglot,...
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Printemps
L e printemps est pressé, mais ne tient qu’à un fil : Dans les sentiers battus qui se métamorphosent, Bâtissant son ourlet sur les cendres d’Avril, Son aiguille sertit les épines des roses. D éjà, tous les bourgeons entrouvrent les paupières Et le merle...
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Au clair de la terre
Au clair de la Terre, Mon ami Pluton, Ouvre tes paupières Mets ton pantalon Et mets ta chemise Un pull en coton, Ferme tes valises Sors de la maison. Au clair de la Terre Pluton répondit : Je tombe en poussière C’est gelé ici ! Ferme donc la porte Vient...
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J'ai retrouvé là-haut
J’ai retrouvé, là-haut, un fumet d’innocence : Sur un plumier miteux, des livres d’écolier, Dans un coffre éventré, une poupée fripée, Une cape, un chapeau…un bouddha en faïence. Un tutu défraîchi et des chaussons de danse Avaient l’air d’implorer un...
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Eté tourmenté
Mêlant mes pas aux tiens dans les rues de Paris, Je te reconquérais, sous un rayon de lune : Vibrante… Enamourée… Passionnée… Eblouie… Promise… Parfumée aux baisers de la brume. Et couchés là, au creux d’un lit improvisé, Librement, sans détour, on prenait...
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La nuit
Chaque jour, il revient pour s’unir au levant, De ses doigts amoureux, il caresse le monde, Puis le soir, ses rayons embrasant le couchant, Plonge ses ongles d’or en des gorges profondes. Dans le noir océan, il enfonce ses guêtres Et son âme altérée lentement...
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Quand la neige
Q uand la neige blanchit les montagnes, Mon pays s’endort et se terre, Quand le printemps fleurit la campagne, Mon pays s’emplit de lumière. A u soleil de juillet, Il court dans les genêts. Et puis quand revient l’automne, Son manteau se reboutonne… …...
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Le printemps
Le ruisseau a fondu C’était là son destin, Goûte aux fruits défendus Et reprend son chemin ; Et soudain revêtus D’une neuve parure, Bruissant dans les nues. Les feuillages murmurent A l’oreille d’amants Que ce nid reculé S’éveille lentement A la félicité…...
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Messages égarés
Si l’hiver a laissé, peu avant de partir, Un message gravé dans la terre gelée, Je n’ai pas eu le temps de le voir, de le lire, Le printemps, sur ses pas, l’a déjà effacé. Si le printemps a dit des paroles troublantes, Les jetant, çà et là, aux oiseaux...
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Les débris du miroir
Les débris du miroir ont ridé la surface De l’étang de ma vie Et J’ai oublié les jeux, oublié les enfants, J’ai oublié aussi, sur les pavés mouillés, Les rondes et les cris, j’ai oublié les chants, J’ai verrouillé le temps de mes jeunes années. Les débris...
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Le temps
« Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre » Charles Baudelaire...
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A la source des rêves
Je me suis abreuvée à la source des rêves, J’ai goûté son nectar et m’y suis enivrée Tout en priant le jour de ne pas m’éveiller A l’aube, à l’apogée de la divine trêve. Le vent m’a dévêtue d’un souffle maladroit En défroissant les plis de ma robe légère...
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A la tombée du jour
A la tombée du jour, les forêts millénaires Déploient leurs frondaisons sous le vent qui murmure, Mille points verdoyants oscillent sous l’azur Et l’horizon se vêt d’un manteau funéraire. Un reste de matin sous une cape noire Epuise la lueur d’un fanal...
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Mon arbre
Il est resté tout seul ! Le voici face au vent, Brûlé par les étés, givré par les hivers. Il se tord et s'éploie de l'automne au printemps De sillons en sillons fécondés par la terre. Vous l'avez célébré au temps de sa jouvence, Vous les anciens, les...