La lampe

Publié le par MOTS, ARTS & GOURMANDISE

LA LAMPE 1

Je fus la lampe qu’on allume

Jetant l’embellie dans vos cœurs,

S’évanouissait l’amertume

Emoussée, lors, par ma douceur.

 

Pensez à moi quand, sous la terre,

Mes yeux sans vie se fermeront !

Vous sèmerez un peu de lierre,

Petits cailloux ou grains de son.

 

Je serai lampe qui s’éteint

En ne laissant rien que poussière,

Mais, chaque jour, chaque matin,

Mon âme, se faisant légère,

 

Viendra, alors, vous quémander

Un peu d’amour, un peu de joie,

Et s’en reviendra écouter

Chanter le rossignol au bois.

 

Vous écrirez sur cette pierre

Où ma dépouille dormira :

« Elle aimait tant les primevères ;

La mer, le vent, les camélias… »

 

Et dans un puits d’indifférence,

Mes vers, en sombrant sans écho,

S’enfonceront dans le silence

Tout en faisant des ronds dans l’eau…

 

© extrait de J’AI CONJUGUE LE TEMPS - ISBN N°  978-2-9538961-1-4

Publié dans POEMES

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article